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Décentralisation des enseignements artistique

Mesdames et Messieurs, Sénatrices, Sénateurs,

Le 29 octobre prochain une nouvelle proposition de loi de la Sénatrice Madame Morin-Desailly relative à la décentralisation des enseignements artistiques (N°588) sera soumise au débat de votre commission.

Notre fédération demande que soit prise en compte la réalité du secteur de la formation dans le domaine des musiques actuelles notamment :

 - par le respect des équilibres entre les propositions Privé / Public sur un territoire

- l’incitation aux partenariats entre secteur associatif et conservatoire

- la représentation des acteurs de droit privé intervenant dans le domaine de l’intérêt général au sein de la commission régionale des enseignements artistiques

- une attention particulière à la place de la formation aux musiques actuelles (parent pauvre de ce secteur)
Voir la lettre

                                                                                 Paris, le 26 octobre 2009.

 

 

            Monsieur le Sénateur,

 

            Vous allez examiner le 29 octobre prochain une nouvelle proposition de loi de la Sénatrice Madame Morin-Desailly relative à la décentralisation des enseignements artistiques (N°588).

 

            La récente étude sur « Les nouvelles pratiques culturelles des français à l’heure d’Internet » publiée par le département des études, de la prospective et des statistiques du Ministère de la Culture et de la Communication montre que 1% seulement des jeunes générations (15-35 ans) place la musique classique en tête de leurs préférences musicales. De plus, l’idée largement répandue que les amateurs de rock viendraient à la musique classique avec l’âge est également contredite par les résultats de cette étude.

 

            Au même moment par contre, les pratiques en amateur de la musique résistent plutôt bien, puisque plus d’un quart des français déclarent pratiquer un instrument de musique.

            Concernant la proposition de loi de Madame Morin-Desailly, (qui fait suite à son rapport (N°458) fait au nom de votre commission des affaires culturelles en juillet 2008), dans son exposé des motifs, elle indique que « le réseau des conservatoires et des écoles de musique a pour mission de former des futurs musiciens professionnels (pour environ 2% des élèves concernés) et de permettre le développement des pratiques amateurs » qui rassemblent donc 98% des élèves concernés !

 

            Le communiqué qui accompagne la proposition de loi, propose notamment « la constitution d’une commission régionale des enseignements artistiques qui associera l’ensemble des partenaires afin d’organiser de manière cohérente et dans le sens de l’intérêt général, le parcours des élèves depuis la pratique amateur jusqu’à la formation professionnelle ».

 

Notre fédération, la FNEIJMA (Fédération Nationale des Ecoles d’Influences Jazz et Musiques Actuelles), qui regroupe un réseau de 35 écoles pour la plupart associatives, réparties sur le territoire national et ayant pour mission l’enseignement des musiques actuelles, allant de la pratique amateur à la formation professionnelle (inscrite dans de nombreuses régions au PRDF), participe de l’aménagement du territoire en matière d’offre de formation au service de l’intérêt général. A ce titre, elle revendique une vraie place dans ce futur dispositif, ainsi que l’inscription de ses adhérents dans cette nouvelle dynamique.

 

            La formation dans le domaine des musiques actuelles s’est construite à l’initiative du secteur associatif et dans un équilibre fragile entre secteur public et secteur privé. Un certain nombre de nos écoles ont des conventions qui les lient à leur ville et à leur conservatoire et chaque fois que la dynamique territoriale le permet, nos adhérents travaillent à la complémentarité et au partenariat Public / Privé.

La mise en place des futurs Cycles d’Orientations Professionnelles, prévus dans cette nouvelle proposition de loi ne peut se faire qu’en tenant compte de cette réalité historique, d’autant plus que certaines écoles de la FNEIJMA ont obtenu la reconnaissance nationale d’«Etablissement d’Enseignement de la Musique » délivrée par le Ministère de la Culture et de la Communication telle que définie par l’article L.361-2 du code de l’éducation (loi No 88-20 du 6 janvier 1988).

 

            Nous vous demandons, lors de l’étude ces jours prochains de la proposition de loi de Madame Morin-Desailly, que soit prise en compte la réalité du secteur de la formation dans le domaine des musiques actuelles notamment :

 

-  par le respect des équilibres entre les propositions Privé / Public sur un territoire

- l’incitation aux partenariats entre secteur associatif et conservatoire

- la représentation des acteurs de droit privé intervenant dans le domaine de l’intérêt général au sein de la commission régionale des enseignements artistiques

-   une attention particulière à la place de la formation aux musiques actuelles (parent pauvre de ce secteur)

            Vous remerciant par avance, nous sommes à votre disposition pour revenir ensemble sur ces sujets dans les meilleurs délais.

 

            Dans cette attente, veuillez recevoir, Monsieur le Sénateur, l’assurance de nos sentiments les plus dévoués.

 

Pour la FNEIJMA
Le
Président

Gilles Labourey


(RAPPEL) Décentralisation des enseignements artistique

Catherine Morin-Desailly, sénatrice, avait déposé au sénat un rapport d’information sur la décentralisation des enseignements artistiques intitulé « Décentralisation des enseignements artistiques : des préconisations pour orchestrer la sortie de crise » (voir page 5 ci-dessous). Elle vient de déposer sur le bureau du sénat une proposition de loi visant, selon son projet, à « débloquer la situation et se donner les moyens d’une véritable ambition pour les enseignements artistiques »

Malgré cette louable intention, le projet occulte une dimension fondamentale de l’enseignement artistique en France : plus des 3/4 des activités de ce secteur (en nombre d'élèves, d'enseignants, d'écoles) relèvent de structures de droit privé, associatives pour la plupart…. dans la continuité du texte initial de 2004...Télécharger le projet de loi 2009

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